Maurice en mode sport : plongée

Côte Ouest

Observer les cachalots

Phyester Macrocephalus est le nom scientifque du cachalot. Autrement dit « souffleur » avec une tête faisant le tiers de son corps. Le plus grand carnassier au monde squatte par dizaine les eaux mauriciennes. Il s’y reproduit aussi. Les femelles mettent bas un seul « petit » tous les trois à six ans… Tout est relatif car le nouveau-né pèse environ 1 tonne pour 4 mètres de long ! Maman pesant 4 tonnes pour 11 mètres et papa 41 tonnes pour 16 mètres, la messe est dite ! Les cachalots vivent en groupes d’une vingtaine d’individus, contrairement aux baleines qui sont plus solitaires. Même si chacun vaque à ses occupation durant la journée, ils peuvent continuer à communiquer à 10 km de distance. Le mâle d’ailleurs se signale de façon caractéristique en émettant un son d’enclume assourdissant, alors que la femellle et sa progéniture produisent des bruits proches du morse. Ces mastodontes se nourrissent essentiellement de calamars mais aussi de légine, et parfois de requins. Dans l’estomac d’un cachalot a été retrouvé un requin, vivant à 3 500 mètres de profondeur. Les naturalistes savaient que les cachalots étaient capables de rester une heure en apnée à 2 000 mètres, quelle n’a pas été leur suprise !

Une nouvelle loi, en vigueur à compter du 1er novembre 2012, impose les conditions suivantes dans e cas de « mise à l’eau » avec des cachalots : seuls des passionnés désireux de devenir « éco volontaires » seront autorisés à accompagner les chercheurs. Ils devront contribuer à l’identification et à la protection des mammifères marins. Il s’agira dorénavant d’observation (en apnée) ou depuis le bateau à l’aide d’instruments sophistiqués. Ces touristes d’un nouveau genre pourront par exemple photographier, filmer ou aider à réaliser des relevés pour venir alimenter une nouvelle base de données. Il s’en est fallu de peu pour que toute forme de mise à l’eau avec les grands cétacés soit purement et simplement interdite. Mais grâce à l’intervention d’Hugues Vitry auprès du ministère du Tourisme, l’exception est venue confirmer la règle. Il a obtenu la création exclusive d’une nouvelle association, baptisée M2CO (Marine Magafauna Conservation Organisation), qui aura pour vocation d’approfondir la connaissance des cachalots, des baleines, des tortues marines et des requins et d’éduquer les populations.

Le clou du spectacle

 Avant l’application de cette loi, la réglementation était dès lors restrictive. Seuls deux bateaux et trois spécialistes étaient accrédités pour effectuer ces sorties exceptionnelles. Le trio Vély, Dubois et Vitry, encourageait déjà un tourisme sélectif, respectueux et admiratif de la vie animale. Ces touristes chanceux devaient obéir aux consignes subséquentes : se glisser doucement dans l’eau, palmer les bras le long du corps, ne pas entraver la route du poisson, ni surgir derrière lui. Alors pouvait commencer la contemplation d’un ballet éblouissan et particulièrement touchant… Cette tendresse inouïe qui émanait du comporteent de ces cachalots était aussi belle qu’innatendue.

Michel Vély, président de l’association Megaptera, témoigne : « J’ai eu la chance d’assister à un accouplement. Une fois accolé, le couple plonge vers les fonds. » Besoin d’intimité sans doute ! Alain Dubois, chef skipper de Dolswin Ltd, enchaîne : « Un grand mâle longde 18 mètres est carrément venu me voir. Je me suis retrouvé nez à nez avec lui et je dois dire que je me suis senti comme une petite fourmi. » Une visite amicale en somme ! Hugues Vitry insiste sur le fait qu’il était important de trouver un compromis dans le cadre de ces plongées : « La meilleure façon de détruire une espèce, c’est d’interdire d’aller la voir et d’interdire les interractions avec elle. Nous devons les toucher du regard? »

L’ »Abyss » du tandem Pélicier

 L’adresse de Daniel et Christophe Pélicier était prédestinées… « Avenue des mérous » à Flic en Flac. C’est dans la maison familiale que le père et le fils ont établi leur centre de plongée. Une vaste pièce de style garage stocke le matériel. Dans le patio, Daniel bricole et ses deux chiens s’ébrouent. Ici, l’ambiance est conviviale et les clients d’Abyss apprécient !

Christophe possède un nombre impressionnant de diplômes liés à la plongée, dont un de scaphandrier ainsi qu’une habitation pour enseigner aux personnes handicapées. Daniel relate son parcours… En 1966, il découvre la chasse sous-marine, mais le gouvernement finit par l’interdire et il passe à la plongée en bouteille. Il commence alors à capturer des petits poissons d’aquariums en eau profonde pour une société sud-africaine. En 1982, il s emet à son compte pour exporter ses bébés, principalement au Japon. Daniel fait la découverte de trois nouvelles espèces de poissons qui portent désormais son nom. Ce n’est qu’en 2001 qu’il passe son brevet pourêtre moniteur. Affilié à la fédération de plongée, il ouvre son centre en 1986. Le bouche à oreille fait le reste. Si les deux hommes avouent ne pas être de grands hommes d’affaires, ils sont en revanche d’authentiques passionnés ! C’est la raison pour laquelle ils offrent des services sur mesure et des prestations hors pair. Les sorties qu’ils organisent sont limitées à 9 personnes pour offrir un maximum de confort et de sécurité. L’atout charme : Abyss emmène ses clients sur les sites de plongée, à bord d’une ancienne barque de pêcheur en bois.

Explorer de fonds en comble

 Les spots qu’ils affectionnent plus particulièrement sont situés pour la plupart à Flic en Flac. La zone couvre une cinquantaine de site s’échelonnant jusqu’à 60 mètres de profondeur; Les caractéristiques des fonds marins sont une grande variété de poissons et des reliefs majestueux. Certains sites comme la Cathédrale ou Rempart Serpent sont maintenant connus internationalement et sont référencés dans des ouvrages parmi les plus beaux spots de plongée du monde…

À dix minutes de bateau, la Cathédrale est un site spectaculaire qui doit son nom à l’exceptionnelle topographie ds lieux qui descend jusqu’à 35 mètres. En suivant deux petites falaises, on débouche sur une vaste caverne ouverte dans le fond. Cette grotte à la voûte imposante peut accueillir quatre plongeurs à la fois. Cette cavité fendue sur le dessus laisse filtrer les rayons du soleil qui viennent se projeter sur les parois rocheuses. Une quinzaine de Diodons, plus connus sous le nom de poissons porcs-épics, y ont élus domicile ainsi qu’une muraine javanaise. Les crustacés, comme les langoustes et les crevettes aiment vivre dans l’obscurité. Ils se cachent dans les trous noirs. Durant cette plongée, il n’est pas rare de croiser quelques barracudas ou quelques requins à pointes blanches.

Plus loin vers Albion, Rempart Serpent est un site de plongée qui descend à 27 mètres de profondeur. Ici, pas de relief mais des roches posées sur un banc de sable qui s’étend sur une centaine de mètres. L’endroit est « la station service » des pélagiques comme les raies pastorales, les thons blancs ou les bonites. Ils viennent s’y nourrir et se faire nettoyer par des petits poissons. On y observe cinq à six espèces de murènes et des rascasses.

Les plongées de nuit sont féériques. Réservée au niveau 1, ces sorties doivent se faire dans de parfaites conditions météo. Munis de torche LED, vous aurez la chance d’admirer les poissons dans leur intimité. Certains dorment, comme le poisson perroquet qui forme une bulle de bave autour de lui pendant son sommeil. Vous serez étonnés par la couleur fluorescente des limaces roses ou mauves. Le plancton est lui aussi phosphorescent. La danseuse espagnole sort le grand jeu. En effet, ce molusque, en découllant du sol, se tortille et déploie une sorte de jupe à frou-frou. Magique !
Abyss organise également des safaris plongés aux quatres coins de l’île. Les plongeurs photographes se régalent !

Source : Océan Indien Magazine

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